Cet alabastre à figures rouges, daté du premier quart du Ve siècle av. J.-C., figure une jeune femme assise, contemplant la couronne qu’elle tient dans ses mains. Derrière elle, une servante tient un alabastre ; devant elle, un jeune homme lui tend une ceinture. Une inscription court autour du vase : « ΗΕ ΝΥΜΦΗ ΚΑΛΕ », « la mariée est belle ».
Une page de médiation Gallica spécifique a été élaborée pour faciliter la consultation des 35 fascicules du Corpus Vasorum Antiquorum. Ils ont été rangés par ville, classés par ordre alphabétique, et par institution.
L’océrisation prochaine des documents numériques permettra à brève échéance la fouille de texte sur l’ensemble des volumes. Les chercheurs pourront ainsi croiser plus facilement des données dispersées dans plusieurs volumes.
Mardi 12 mai 2026 à 12h30, à la BnF-Richelieu, en salle des conférences, Louise Détrez parlera de l’usage des vases grecs antiques dans le cadre des cours publics d’archéologie de la BnF :
Les textes antiques nous renseignent-ils sur les noms, et partant, l’utilisation des vases grecs ? Une question qui n’a pas manqué d’intéresser la Bibliothèque nationale, voilà près de deux siècles, à l’occasion d’une véritable controverse. Mais au-delà de ces sources écrites parfois tardives, que nous disent les images qui mettent en scène la vaisselle des Anciens ? Que révèlent les contextes dans lesquels on a découvert ces céramiques ? Et que nous apprennent leur état matériel sur leur emploi ? Autant de paramètres que l’on s’efforcera de prendre en compte pour explorer les usages variés des diverses formes de vases chez les Grecs.
Coupe laconienne à scène bachique : deux danseurs devant un cratère (en haut), deux oiseaux encadrant un lotus (en bas). Vers 560 av. J.-C. (BnF, MMA, De Ridder 192)
Vous avez visité le musée de la BnF… mais avez-vous vraiment tout vu ? Regardez de plus près – et voyez comme on ne les a jamais vus ! –, certains des chefs-d’œuvre de la collection des vases du département des Monnaies, médailles et antiques en suivant les étapes et en découvrant les enjeux de leur restauration.
Son format démesuré et son sujet exceptionnel ont mérité au grand skyphos du Peintre de Penthésilée l’attention des chercheurs (voir billet précédent). Pourtant, sa trajectoire heurtée, d’accidents en expédients, n’est pas le moindre de ses intérêts, comme sa restauration récente a permis de l’établir !
« Restored »1 prononçait sobrement John Davidson Beazley (1885-1970) à propos du grand skyphosdécoré par le Peintre de Penthésilée : de la vasque monumentale et des facéties des satyres, que révoquer en doute ? Et pourquoi la nécessité d’une restauration d’ampleur s’est-elle imposée au XIXe siècle ? L’étude préalable à un traitement curatif suivie de la restauration fondamentale du vase par Marie-Christine Nollinger en 2020 et 20212 ont révélé les indices de l’histoire matérielle mouvementée de ce vase, d’une officine athénienne à l’atelier d’un restaurateur italien, quelque quatorze siècles plus tard (fig. 1).
On l’oublie parfois en les admirant derrière leur vitrine : les œuvres antiques ont été manipulées, utilisées dans des contextes très variés, parfois endommagées. Chaque objet a une « vie » antique qui est parfois facile à connaître, mais parfois très éloignée de ce pour il avait été conçu. Pour comprendre finement ces usages et ces fonctions, il est nécessaire de croiser les discours sur les objets (dans les textes comme dans les images), les données de plus en plus précises de l’archéologie, et l’examen attentif des objets eux-mêmes qui portent la trace de leurs utilisations. Ce cycle de conférences sera ainsi l’occasion de présenter et de commenter en direct des œuvres remarquables issues des collections archéologiques de la BnF, pour les replacer au cœur des réalités antiques.
Programme
Toutes les conférences se tiendront sur le site de la BnF-Richelieu (Paris, 2e) de 12h30 à 14h, et sont également diffusées en direct sur la chaîne Youtube de la BnF.
Mardi 21 janvier 2025, 12 h 30 – 14 h, BnF-Richelieu, Salle des conférences, Comment on fait les céramiques à la grecque par Louise Détrez, conservatrice chargée des vases antiques au département des Monnaies, médailles et antiques de la BnF.
À figures noires comme à figures rouges, les vases grecs n’ont qu’un ingrédient : la terre. Comment l’argile est-elle mise en œuvre aux étapes du façonnage et du décor ? Quelles sources nous renseignent sur les gestes des peintres et potiers de la Grèce antique ? Constatez au cours d’une enquête au plus près des objets que le témoignage de pièces altérées s’avère paradoxalement le plus précieux, et découvrez l’étonnante persistance de certains procédés de fabrication.
Le catalogue débute avec une présentation détaillée du contexte historique de la collection et notamment du rôle fondamental du collectionneur Wilhelm Froehner (1834-1925) dans l’arrivée à la Bibliothèque d’objets présentant des inscriptions en étrusque. Puis, en adoptant un classement thématique, l’auteur propose 178 notices qui recensent les textes inscrits sur des objets, de la simple lettre à une succession de mots. Les supports sont aussi variés que des vases, des bronzes, des miroirs, des intailles, des dés et un grand nombre de monnaies. Enfin, une série de fausses inscriptions sont analysées.
La statuette de « l’Apollon de Ferrare », célèbre pour sa taille (27,2 cm) et son texte (le plus long texte en étrusque conservé en France), bénéficie d’une étude approfondie (p. 27-54) comprenant un examen des précédentes publications depuis sa découverte probable au XVIe siècle. Les deux dés en ivoire, qui sont les seuls objets au monde à arborer les chiffres 1 à 6 de la langue étrusque, sont aussi longuement étudiés (p. 313-329).
Cet ouvrage de référence dans le domaine de l’épigraphie antique rend hommage à la deuxième collection d’inscriptions étrusques – après celle conservée au musée du Louvre – et vient donc compléter la série de catalogues sur les collections de la BnF.
Jean-Philippe Goiran, « Les ports perdus des étrusques », (1ère partie et 2e partie), conférence en ligne, 16 juin 2021, dans le cadre du cycle BnF Archéologie des ports
Anne-Marie Adam, Bronzes étrusques et italiques, Bibliothèque nationale, Département des monnaies, médailles et antiques,Paris : Bibliothèque nationale, 1984, disponible en ligne sur Gallica
Image mise en avant : intaille en cornaline avec trois lettres en étrusque (détail), BnF, département des Monnaies, médailles et antiques, Inv. 58.1898
Le 23 avril 2024 à 12h30, Louise Détrez proposera pour la dernière séance du cycle de cours publics d’archéologie de la BnF une conférence consacrée aux collections de vases grecs du chevalier Durand (1768-1835).
Edme Antoine Durand, qui revendiquait une vingtaine de voyages en Italie, y a largement assemblé deux des plus belles collections de vases antiques jamais formées. De métropole en hameau, de galerie d’amateur en chantier de fouille : comment le chevalier Durand, auquel la BnF doit certains de ses chefs-d’œuvre, a-t-il formé sa collection ?
Mardi 23 avril 2024 de 12h30 à 14h00
BnF Site Richelieu – Salle des Conférences
Le cours sera également diffusé en direct sur Youtube
Ce cycle est l’occasion d’évoquer plusieurs ensembles d’objets remarquables (céramiques grecques, monnaies et bijoux antiques) à l’aune de leur parcours. Il offre un aperçu de la complexité de la trajectoire de plusieurs pièces depuis leur découverte sur le terrain jusqu’à leur acquisition par la Bibliothèque, en passant par les choix propres d’un collectionneur. Enfin, cette exploration est aussi l’occasion de montrer comment plusieurs de ces œuvres peuvent aujourd’hui être réinsérées dans leur contexte archéologique et fournir de nouvelles données pour écrire l’histoire.
Monument funéraire d’Edme Antoine Durand, 1835 – Florence, cloître de Santa Trinita. Buste par Emilio Santarelli ; épitaphe par Désiré Raoul-Rochette.
Vous avez visité le musée de la BnF… mais avez-vous vraiment tout vu ? Regardez de plus près – et voyez comme on ne les a jamais vus ! –, certains des chefs-d’œuvre de la collection des vases du département des Monnaies, médailles et antiques en suivant les étapes et en découvrant les enjeux de leur restauration.
Sur chacune des faces d’un profond skyphos, deux satyres chahutent une femme qu’ils encadrent. Ici (fig. 1 gauche) c’est l’avancée (l’arrivée ?) de la messagère des dieux, Iris, les ailes éployées, et le chiton (tunique de lin plissée) gracieusement relevé en écho, qui suscite la surprise de deux satyres, couronnés de feuillage pour prendre part à une célébration, on le verra. Là (fig. 1 droite), une ménade (dans laquelle on a parfois voulu reconnaître Ariane) élégamment vêtue s’éloigne thyrse au poing alors qu’un satyre s’approche d’un pas dansant et que son compère s’absorbe dans la contemplation d’un canthare (vase à boire le vin pourvu de deux grandes anses verticales) – peut-être celui de Dionysos lui-même, le dieu du vin que servent ces créatures d’excès, mi-hommes, mi-chevaux. Dans le champ résonnent des acclamations à la beauté d’un jeune homme (ho pais kalos, cinq fois).
Parmi les épreuves de course disputées aux Jeux olympiques dans l’Antiquité, l’hoplitodromie, course armée, n’est pas toujours la mieux connue bien qu’ayant fait l’objet de représentations comme en témoigne ce stamnos daté du Ve av. J.-C., au département des Monnaies, Médailles et antiques depuis 1966 suite au don Delepierre.
Le 23 janvier 2024 à 12h30, Cécile Colonna proposera pour la première séance du cycle de cours publics d’archéologie de la BnF une conférence consacrée aux fragments provenant d’une riche tombe étrusque de Tarquinia.
D’Athènes à Tarquinia dans l’Antiquité, d’Étrurie à Paris au XIXe siècle, on suivra lors de cette séance un ensemble exceptionnel de fragment de vases grecs figurés de la fin de l’époque archaïque, témoins du savoir-faire des ateliers attiques, des rituels funéraires de l’aristocratie étrusque, et de la progressive mise en place des pratiques archéologiques.
Mardi 23 janvier 2024 de 12h30 à 14h00
BnF Site Richelieu – Salle des Conférences
Le cours sera également diffusé en direct sur Youtube
Ce cycle sera l’occasion d’évoquer plusieurs ensembles d’objets remarquables (céramiques grecques, monnaies et bijoux antiques) à l’aune de leur parcours. Il offrira un aperçu de la complexité de la trajectoire de plusieurs pièces depuis leur découverte sur le terrain jusqu’à leur acquisition par la Bibliothèque, en passant par les choix propres d’un collectionneur. Enfin, cette exploration sera aussi l’occasion de montrer comment plusieurs de ces œuvres peuvent aujourd’hui être réinsérées dans leur contexte archéologique et fournir de nouvelles données pour écrire l’histoire.
Héraclès archer. Cratère en calice (fragment), Peintre de Cléophradès, vers 500-490 av. J.-C. (BnF, MMA, De Ridder.419)
Le 20 mars 2023, Louise Detrez parlera des « nouveaux » vases antiques acquis par la BnF.
La collection de céramique antique de la Bibliothèque nationale de France – la deuxième des collections nationales – s’est récemment enrichie de quelques acquisitions. Ces compléments ponctuels, parce qu’ils font écho au fonds ancien, sont l’occasion d’en mettre en valeur les multiples points forts : la représentation des collections anciennes, la documentation continue des productions et la conservation de spécimens rares.
Lundi 20 mars 2023 de 12h30 à 14h00 BnF Site Richelieu – Salle des Conférences
Le 18 novembre à 11h, Clara Bernard (musée du Louvre), Sarah Busschaert (C2RMF), Louise Détrez (BnF) et Marie-Christine Nollinger (restauratrice libérale) exposeront les enjeux et les acquis de la restauration fondamentale de l’amphore pointue du Peintre d’Achille (BnF, MMA, De Ridder.357) .
Pour patienter jusqu’à la réouverture du musée de la BnF, la série « L’éclat des vases du Cabinet des médailles » vous propose de découvrir quelques opérations récentes de conservation-restauration.
De restauration à proprement parler il sera fort peu question dans ce billet ! Quoique : la conservation préventive, en améliorant les conditions de conservation des objets, et la restauration curative, en stoppant les causes de leur dégradation, concourent éminemment à leur préservation. C’est avec ce souci qu’une campagne de dépoussiérage a été menée au cours du mois de juillet 2021, dans le magasin qui a accueilli pendant cinq années la collection céramique de la BnF, sur le site François Mitterrand.
Le 15 décembre 2021 nous quittait François Lissarrague, immense interprète du langage figuré des vases grecs et passeur sans égal. Parce qu’il nous avait fait le grand honneur de compter parmi les membres du comité scientifique supervisant la restauration de deux chefs-d’œuvre de la collection céramique de la BnF, notre commission endeuillée saisit cette occasion de rendre hommage au savoir insondable, à l’extrême générosité et à la gaieté spirituelle de l’un des plus fins connaisseurs des « Athéniens et leurs images ».
Pour patienter jusqu’à la réouverture du musée de la BnF, la série « L’éclat des vases du Cabinet des médailles » vous propose de découvrir quelques opérations récentes de conservation-restauration.
Un skyphos attique à figures rouges monumental donné par le duc de Luynes à la Bibliothèque en 1862 vient de faire l’objet d’une restauration d’ampleur. Une bonne occasion d’ouvrir le passionnant dossier de l’un des vases éponymes du Peintre de Pantoxéna.