En cette rentrée 2026, l’équipe du carnet L’Antiquité à la BnF a rassemblé pour vous une sélection de ressources BnF ou d’autres institutions disponibles en ligne (conférences, cours, publications…) ainsi qu’une série d’expositions en cours ou à venir, en France et à l’étranger.
Bonne lecture et bonnes découvertes !
Papyrus funéraire de la Dame Merit (début), Égypte, XVIIIe dynastie. BnF, MMA, inv. 53.2.
Du vendredi 12 au dimanche 14 juin 2026, auront lieu les Journées européennes de l’archéologie partout en France et dans une trentaine de pays européens.
Durant ces Journées, initiées par le ministère de la Culture et pilotées par l’Inrap, plus d’un millier de manifestations sont proposées sur l’ensemble du territoire national : des chantiers de fouilles aux musées en passant par les laboratoires, les acteurs de l’archéologie se mobilisent afin de partager leurs connaissances, leurs expertises, leurs métiers et leurs découvertes avec tous les publics.
Collier aux camées, Trésor de Naix – 202 – BnF, département des Monnaies, médailles et antiques, inv.56.128
La Bibliothèque nationale de France participe à cet événement ! Au cours de visites guidées d’environ 45 minutes, des chargé.e.s de collection du département des Monnaies, médailles et antiques feront découvrir les collections archéologiques de la BnF dans les salles du Musée.
En septembre 1776, l’entrée du cabinet de Joseph Pellerin (1684-1782) dans les collections royales est annoncée comme un événement majeur pour le Cabinet des Médailles1.
La collection de Pellerin, célèbre dans toute l’Europe savante, apportait au roi de France un ensemble exceptionnel de monnaies grecques et romaines. Elle consacrait aussi la place de Pellerin parmi les grands érudits du XVIIIe siècle, dont les Recueils de médailles (1762-1778) avaient profondément marqué l’étude des monnaies antiques, en particulier grecques.
Mais une telle acquisition posait aussi une question très concrète au garde du Cabinet : que faire des monnaies que le roi possédait déjà ?
À sa mort en 1925, le savant rédacteur de catalogues Wilhelm Froehner (1834-1925) lègue au Cabinet des médailles de la Bibliothèque nationale une importante collection d’antiquités, parmi lesquelles se trouve une lampe romaine en terre cuite représentant un empereur romain (Froehner.X.440). Elle mesure 10,2 cm de longueur, 7,1 cm de diamètre et 2,3 cm de hauteur.
Jean-Baptiste Colbert, d’abord connu pour avoir été un des principaux ministres de Louis XIV, était aussi un collectionneur de « médailles », terme alors employé pour désigner les monnaies anciennes. Si cet intérêt peut refléter une inclination personnelle1, il tient du « vice à la mode » au XVIIe siècle, époque de la « République des médailles »2, plus encore sous le règne de Louis XIV, le roi numismate3.
Portrait de Jean-Baptiste Colbert, Marquis de Seignelay. Estampe, 1680. BnF, EST, RESERVE FOL-QB-201 (66)
Le docte attrait pour les médailles, alors hissé au même rang que les grands auteurs classiques comme source de l’Histoire4, ne dépareillait pas la stature d’un personnage si intrinsèquement lié à la représentation du pouvoir5. Au-delà de sa collection personnelle, Colbert exerça de 1661 à 1683 un contrôle étroit sur le Cabinet du roi, qu’il rattacha à la Bibliothèque royale dès 1667. En 1663, le ministre plaça Pierre de Carcavi à la tête de la collection de médailles du roi, l’homme ayant été auparavant en charge de la bibliothèque privée et donc des collections de monnaies du ministre. Cette organisation persista jusqu’à la mort de Colbert en 1683 avec, pour bilan, un accroissement spectaculaire des collections royales, désormais au premier rang en Europe6.
Jeton de Jean-Baptiste Colbert, ministre d’Etat, 1683. BnF, MMA, JEF-478
Jean Vaillant qualifie le ministre d’amateur et connaisseur en la matière (Sarmant 1997, p. 349 ; 2003, p. 58). Sur la question, voir Sarmant 1997, p. 348-349. [↩]
Schnapper 1993 ; Sarmant 1994, p. 52 (notamment l’intérêt manifesté par le roi lors des opérations d’inventaires réalisées en 1684 à Versailles) ; Veillon 1997, p. 359-360. [↩]
Sarmant 1997, p. 351 (citation) ; 2003, p. 43. [↩]
À l’occasion du bicentenaire du déchiffrement des hiéroglyphes en 2022, la Bibliothèque nationale de France proposait de découvrir les travaux de Champollion et présentait celui-ci comme le père de l’égyptologie moderne. Cependant, ce ne sont pas les premiers travaux égyptologiques. Quelques voyageurs du XVIIIe siècle ayant précédé la Campagne de Bonaparte furent oubliés dès la publication de la Description de l’Égypte à partir de 1810 (antidatée de 1809). Parmi eux, Jean-Baptiste Adanson, dont le département des Manuscrits de la Bibliothèque nationale de France conserve plusieurs carnets.
Le projet quadriennal 2024-2027 Archinumis (Archives et histoires des collections numismatiques) participe de l’effort engagé par la BnF pour retracer son histoire et celle de ses collections. Ses objectifs sont la reconstitution de l’histoire de la constitution des collections : origine géographique, éventuellement contexte historique voire archéologique de leur découverte, réseaux savants impliqués, etc. Il permettra également l’identification dans les collections des trésors monétaires ou des fractions de trésors qui ne sont actuellement pas signalés dans les tiroirs et sont donc méconnus. L’affinage du catalogage des archives en dépôt au département des Monnaies, médailles et antiques et sous la responsabilité de la mission Archives sera valorisé dans la Base archives et manuscrits (BAM) de la BnF par une numérisation massive des archives. Il permettra le signalement dans le Catalogue Général des monnaies appartenant à des trésors par la création de notices d’ensembles pour les fonds numérisés ainsi que la création de notices descriptives dans la base de données Trouvailles monétaires dédiée aux trésors monétaires et qui sera mise en ligne début 2025 par la BnF. Enfin, cet article est également l’occasion d’exposer un exemple concret mis au jour durant la première année du projet : la découverte à coups de canons de monnaies et objets encore aujourd’hui dans la collection du département.
La vente romaine de la collection d’Alessandro Castellani (1823-1883) fut l’un des événements les plus importants du monde de l’art de l’année 1884. Du lundi 17 mars au jeudi 10 avril 1884 se pressa la fine fleur des marchands et collectionneurs, tant privés qu’institutionnels, au palazzo Castellani, 88 via Poli, à Rome, pour enchérir.
Le catalogue débute avec une présentation détaillée du contexte historique de la collection et notamment du rôle fondamental du collectionneur Wilhelm Froehner (1834-1925) dans l’arrivée à la Bibliothèque d’objets présentant des inscriptions en étrusque. Puis, en adoptant un classement thématique, l’auteur propose 178 notices qui recensent les textes inscrits sur des objets, de la simple lettre à une succession de mots. Les supports sont aussi variés que des vases, des bronzes, des miroirs, des intailles, des dés et un grand nombre de monnaies. Enfin, une série de fausses inscriptions sont analysées.
La statuette de « l’Apollon de Ferrare », célèbre pour sa taille (27,2 cm) et son texte (le plus long texte en étrusque conservé en France), bénéficie d’une étude approfondie (p. 27-54) comprenant un examen des précédentes publications depuis sa découverte probable au XVIe siècle. Les deux dés en ivoire, qui sont les seuls objets au monde à arborer les chiffres 1 à 6 de la langue étrusque, sont aussi longuement étudiés (p. 313-329).
Cet ouvrage de référence dans le domaine de l’épigraphie antique rend hommage à la deuxième collection d’inscriptions étrusques – après celle conservée au musée du Louvre – et vient donc compléter la série de catalogues sur les collections de la BnF.
Jean-Philippe Goiran, « Les ports perdus des étrusques », (1ère partie et 2e partie), conférence en ligne, 16 juin 2021, dans le cadre du cycle BnF Archéologie des ports
Anne-Marie Adam, Bronzes étrusques et italiques, Bibliothèque nationale, Département des monnaies, médailles et antiques,Paris : Bibliothèque nationale, 1984, disponible en ligne sur Gallica
Image mise en avant : intaille en cornaline avec trois lettres en étrusque (détail), BnF, département des Monnaies, médailles et antiques, Inv. 58.1898
Adolphe Raifé (1802-1860) est un collectionneur parisien méconnu qui constitue, tout au long de sa vie, un vaste ensemble d’objets archéologiques décrit par l’archéologue François Lenormant dans le catalogue publié à l’occasion de la vente organisée à Drouot sept ans après la mort d’Adolphe Raifé, à l’initiative de son gendre Gustave Gosset. En dépit de cette publication inventoriant la collection, aucune recherche ne s’est jusqu’à présent consacrée à l’étude de cette personnalité du monde antiquaire parisien du milieu du XIXe siècle, raison pour laquelle il semble utile d’établir à présent une biographie liminaire, pour ensuite concentrer notre attention sur les antiquités de sa collection qui ont intégré dans les années qui ont suivi la vente les collections de la Bibliothèque nationale de France.
Le département des Manuscrits de la Bibliothèque nationale de France conserve une représentation d’un ensemble funéraire qui constituerait un des témoins les plus anciens de la présence d’une momie dans un cabinet de curiosités, celui du peintre Pierre Paul Rubens, remontant au début du 17e siècle.1
Dès qu’on évoque l’histoire de l’égyptomanie ou de la fascination des momies, ce feuillet est fréquemment cité.2 En effet l’histoire de ce dessin comme le parcours du sarcophage et de sa momie sont riches d’enseignement sur les premières collections égyptologiques en Europe. Ce billet se propose de rassembler les informations disponibles non seulement sur l’objet représenté mais aussi sur le document graphique lui-même et son contexte de production.
Dessin de la momie emmaillotée avec son cartonnage, à l’intérieur d’un sarcophage, avec le dessin de la cuve, du masque et de deux statuettes en bronze de Ptah et d’Osiris, Manuscrits, Dupuy 667, f. 104 sur Gallica
Pour une recension des momies dans les cabinets, voir Renan Pollès, La momie: de Khéops à Hollywood : généalogie d’un mythe, Paris, 2001, p. 46-53, où on devine que le témoignage le plus ancien serait la mention en 1608 par le tchèque Christoph Harant d’une momie entière à la cour impériale de Bohème qu’il pense égyptienne. [↩]
La Bibliothèque nationale de France publie chaque année un appel à chercheurs afin de s’associer le concours de jeunes chercheurs à des fins d’étude et de valorisation de ses collections, en priorité celles inédites, méconnues ou insuffisamment décrites. L’appel pour 2024-2025 a été mis en ligne début février.
La date limite de réception des candidatures est le 2 mai 2023 à 12h.
En 2023, ce dispositif a permis d’accueillir 28 chercheurs associés dans 16 départements de la BnF.
Le statut de chercheur associé offre un accueil et un accompagnement dans un département de la BnF, avec un accès facilité aux collections. Les avantages, conditions d’éligibilité et engagements des chercheurs associés sont décrits dans le règlement de l’appel à chercheurs de la BnF dont la consultation est impérative avant toute candidature au présent appel.
Les sujets dédiés à l’antiquité
Cette année, parmi les différentes sujets proposés, plusieurs ont un lien avec l’Antiquité ou sa réception :
Dans les collections du département des Monnaies, médailles et antiques on compte aujourd’hui vingt-six stèles puniques votives provenant de Carthage, en Tunisie. Elles font figure de rescapées d’un voyage plus ou moins tumultueux de part et d’autre de la Méditerranée à la fin du XIXe siècle puis d’accords entre différentes institutions parisiennes dans la première moitié du XXe s. L’une1 d’entre elles est aujourd’hui exposée dans les nouvelles salles du musée de la BnF, représentante d’une ample collection très intéressante sous bien des angles, dont leur provenance.
Stèle punique exposée dans le musée de la BnF. BnF, MMA, Inv.54.pun.26 (photo : L. Détrez)