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Que faire des « doubles » ? Les monnaies Pellerin et les échanges du Cabinet des Médailles après 1776

En septembre 1776, l’entrée du cabinet de Joseph Pellerin (1684-1782) dans les collections royales est annoncée comme un événement majeur pour le Cabinet des Médailles1.

La Gazette, 2 septembre 1776, p. 318 (BnF, PHS, 4-LC2-1).

La collection de Pellerin, célèbre dans toute l’Europe savante, apportait au roi de France un ensemble exceptionnel de monnaies grecques et romaines. Elle consacrait aussi la place de Pellerin parmi les grands érudits du XVIIIe siècle, dont les Recueils de médailles (1762-1778) avaient profondément marqué l’étude des monnaies antiques, en particulier grecques.

Mais une telle acquisition posait aussi une question très concrète au garde du Cabinet : que faire des monnaies que le roi possédait déjà ?

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  1. La Gazette, 2 septembre 1776, p. 318. Le texte est repris à l’identique dans le Mercure Galant du 1er octobre. Cf. Thierry Sarmant, 1994, p.  136-139. []

L’or de Massalia, ou l’antique tentation des numismates

Le médaillier des faux du département des Monnaies, médailles et antiques de la BnF – habituellement nommé Cabinet des médailles –renferme quelques milliers de monnaies grecques. Beaucoup sont des copies plus ou moins convaincantes de monnaies authentiques, fabriquées par des faussaires espérant berner les amateurs de monnaies anciennes. Plus rares sont les pièces reconnues comme fausses qui constituaient aussi une nouveauté, ce que les spécialistes nomment un « inédit », soit une monnaie présentant une iconographie, une légende, un détail, etc., jusque-là inconnu.

La monnaie cotée AA.GR.27101 appartient résolument à cette seconde catégorie. Il s’agit d’une pièce d’or pesant 5,32 g – une drachme ? – avec au droit une tête féminine à droite pourvue de boucles d’oreille et d’un collier – Artémis -, et au revers d’un lion agressif à droite surmonté de l’inscription grecque MAΣΣA. L’iconographie et la légende renvoient aux séries monétaires de la cité de Massalia, l’antique Marseille.

Faux moderne. “Drachme” d’or de Massalia, 5,33 g. (BnF, MMA, AA.GR.27101)

Un faux moderne

Si d’importantes émissions d’argent de de bronze sont attribuées à l’atelier massaliote, aucun monnayage d’or n’a à ce jour été assigné à cette cité . En 1771 déjà Jules-François-Paul de Fauris de Saint-Vincent (1718-1798), éminent numismate d’Aix-en-Provence, évoquait ainsi le sujet :

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