Archives de catégorie : Zoom sur…

Marguerite Yourcenar et Hadrien à la BnF : un rendez-vous manqué ?

Archive : Image du mois de juin 2026

Courrier adressé par Marguerite Yourcenar à Jean Babelon le 15 juin 1951 (BnF, MMA, 2011/091/ACM45).

Il y a 75 ans cette année, en 1951, Marguerite Yourcenar publiait finalement ses Mémoires d’Hadrien, le roman historique qu’elle avait entamé un quart de siècle plus tôt. L’ouvrage prend la forme d’une lettre qu’Hadrien, l’empereur romain philosophe et voyageur qui régna entre 117 et 138 après J.-C., adresse au crépuscule de sa vie à son petit-fils adoptif Marc Aurèle. Bien que fictif, ce récit est remarquablement documenté. Marguerite Yourcenar a travaillé en véritable historienne et a compilé tous types de documents dont les monnaies, source historique incontournable. Une monnaie jouait d’ailleurs le rôle-titre dans un précédent roman de l’auteure, Denier du rêve (1934). Rien d’étonnant donc à ce qu’elle se rapproche du Cabinet des médailles de la BnF, comme en témoigne une lettre inédite datée du 15 juin 1951, dans laquelle elle sollicite une visite auprès de Jean Babelon, le directeur de l’époque. Continuer la lecture de Marguerite Yourcenar et Hadrien à la BnF : un rendez-vous manqué ?

Conférence : Des vases grecs : pour quoi faire ?

Mardi 12 mai 2026 à 12h30, à la BnF-Richelieu, en salle des conférences, Louise Détrez parlera de l’usage des vases grecs antiques dans le cadre des cours publics d’archéologie de la BnF :

Des vases grecs : pour quoi faire ?

Les textes antiques nous renseignent-ils sur les noms, et partant, l’utilisation des vases grecs ? Une question qui n’a pas manqué d’intéresser la Bibliothèque nationale, voilà près de deux siècles, à l’occasion d’une véritable controverse. Mais au-delà de ces sources écrites parfois tardives, que nous disent les images qui mettent en scène la vaisselle des Anciens ? Que révèlent les contextes dans lesquels on a découvert ces céramiques ? Et que nous apprennent leur état matériel sur leur emploi ? Autant de paramètres que l’on s’efforcera de prendre en compte pour explorer les usages variés des diverses formes de vases chez les Grecs.

Coupe laconienne à scène bachique : deux danseurs devant un cratère (en haut), deux oiseaux encadrant un lotus (en bas). Vers 560 av. J.-C. (BnF, MMA, De Ridder 192)

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Conférence : Jouer, de Grèce à Rome : entre plaisir et transgression

Mardi 14 avril 2026 à 12h30, à la BnF-Richelieu, en salle des conférences, Véronique Dasen parlera du jeu dans l’Antiquité dans le cadre des cours publics d’archéologie de la BnF :

Jouer, de Grèce à Rome : entre plaisir et transgression

À travers des pièces issues de contextes funéraires, votifs ou domestiques, ce cours interroge la valeur sociale, symbolique et religieuse du jeu dans l’Antiquité. Parmi les œuvres majeures sera examinée l’urne en marbre d’époque romaine de Margaris, représentant une esclave s’adonnant au jeu des latroncules avec son maître Marcus Allius Herma. Cette scène déploie un discours visuel original sur l’amour conçu comme conquête et sur la séduction comme tactique, tout en valorisant une relation fondée sur le plaisir partagé et la réciprocité. Elle révèle aussi une agentivité féminine inattendue et peut-être l’espoir d’une complicité prolongée au-delà de la mort.

Achille et Ajax jouant au pente grammai. Amphore attique, Peintre de Munich 1519, 4e quart du 6e siècle av. J.-C. (BnF, MMA, De Ridder.232)

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Conférence : D’or et de héros : les trésors romains de Tarse et d’Aboukir

Le mardi 7 avril 2026 à 18h15, dans l’auditorium Jacqueline Lichtenstein de l’Institut national d’histoire de l’art, Vincent Drost, Maxence Garde et Julien Olivier présenteront les trésors d’or romains de Tarse et d’Aboukir, conservés respectivement à la Bibliothèque nationale de France et au musée de la Fondation Calouste Gulbenkian.

D’or et de héros : les trésors romains de Tarse et d’Aboukir

Le trésor de Tarse, aujourd’hui conservé à la BnF, compte parmi les ensembles monétaires antiques les plus remarquables et les plus prestigieux connus à ce jour. Il se compose notamment de monnaies d’or romaines, accompagnées de grands médaillons de tradition grecque, d’une rareté exceptionnelle. Ces derniers ne trouvent de véritable équivalent que dans les médaillons issus du trésor d’Aboukir, découvert en Égypte et actuellement conservé à la Fondation Calouste Gulbenkian, à Lisbonne.

Cette conférence offrira une occasion unique de mettre en regard ces deux trésors majeurs de l’Antiquité, grâce à une présentation conjointe organisée à Paris et en liaison directe, en duplex, avec Lisbonne.

Médaillon du trésor de Tarse, vers 222-235 ap. J.-C. Or, 98,7 g, 67 mm (BnF, MMA, F 1671)

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Ni antiques ni en toc : des médailles pour Cléopâtre et Antoine fabriquées à la Renaissance

Le département des Monnaies, médailles et antiques de la BnF conserve dans son « médaillier des faux » une petite série de sept pièces d’argent à l’effigie de Cléopâtre et Marc Antoine1. Au droit figure un buste voilé de la reine, identifiée par la légende grecque « KΛEOΠATPA AIΓIΠTOY BAΣIΛIΣΣA », soit « Cléopâtre reine d’Égypte ». Au revers apparaît la tête de Marc Antoine, comme l’indique « M. ANT. » (abréviation de « ΜΑΡΚΟΣ ΑΝΤΩΝΙΟΣ »), accompagnée de l’inscription « APMENIAN KATAΔOYΛΩΣ ».

Il apparaît immédiatement à toute personne un peu familière des monnaies grecques et romaines qu’il ne peut s’agir de pièces antiques.

Pièce d’argent à l’effigie de Cléopâtre et Marc Antoine, XVIe siècle. Argent, 10.77 g, 23 mm, 6 h (BnF, MMA, AA.GR.692)

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  1. BnF, MMA, AA.GR.683-684 et AA.GR.691-695. []

Fouiller les archives : un multiple d’or de l’empereur Décence découvert en 1833

Archive : Image du mois de décembre 2025

Figure 1 : Multiple d’or de l’empereur Décence (BnF, MMA, Fonds Général 46, cliché V. Drost). 27 mm ; 6,85 g.

Le projet de recherche Archinumis porté par le département des Monnaies, médailles et antiques de la BnF a permis de retracer la provenance de plusieurs objets conservés dans les collections de la Bibliothèque grâce à l’étude des archives. Parmi ces pièces figure un multiple d’or de Décence (fig. 1) : une monnaie en or à l’effigie de l’empereur romain, frappée en 353 à Trèves par son frère et co-empereur Magnence. Ce type de monnaie était généralement émis lors d’un donativum, c’est-à-dire une distribution d’or aux soldats.

Une lettre datée du 12 novembre 1833 signée de la main d’Adolphe Thiers et adressée aux conservateurs de la Bibliothèque Royale évoque directement l’acquisition de cette monnaie, et sa provenance, rapportée par le consul de France à Mayence (fig. 2) :

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Un chef-d’œuvre pour un connaisseur : le tétradrachme de Naxos de la collection de Luynes

Archive : Image du mois de juillet 2025

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Tétradrachme en argent, Naxos, env. 460 av. J.-C., BnF MMA Luynes 1060 sur Gallica

Le tétradrachme de Naxos du duc de Luynes est un chef-d’œuvre de la numismatique, qui a au moins deux histoires à raconter. La première prend place dans la Sicile grecque antique, au milieu du Ve siècle avant notre ère, lorsque les coins ont été gravés et que la pièce d’argent de 17g a été frappée. La seconde se déroule au XIXe siècle, lorsqu’elle a été acquise par l’un des plus grands collectionneurs français et offerte au Cabinet des  Médailles, aujourd’hui département des Monnaies, médailles et antiques de la BnF.

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Fibule gallo-romaine en forme de sanglier

Archive : Image du mois de juin 2025

fibule en forme de sangllier, BnF, MMA, bronze.1749

Le sanglier, à l’arrêt, prêt à bondir, est stylisé mais les traits essentiels, la crinière hérissée, les larges oreilles, le groin aplati, les défenses recourbées et la queue en tire-bouchon sont bien détaillés. La vue de profil, la double collerette de traits incisés et le décor de gros points émaillés d’une seule couleur, ici bleue, caractérisent une série de fibules, attribuées par Michel Feugère à un atelier A1 actif à l’époque flavienne et dans la première moitié du 2e siècle.

La localisation de l’atelier n’est pas connue mais la majorité des fibules émaillées proviennent des provinces de Gaule Belgique, de Germanie et de Bretagne. Celle-ci, issue d’une collection champenoise a de fortes chances de provenir de l’Est de la France.

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  1. Feugère, 1985, p. 385-393. []

L’empereur Hadrien sur une lampe en terre cuite

Archive : Image du mois de mai 2025

À sa mort en 1925, le savant rédacteur de catalogues Wilhelm Froehner (1834-1925) lègue au Cabinet des médailles de la Bibliothèque nationale une importante collection d’antiquités, parmi lesquelles se trouve une lampe romaine en terre cuite représentant un empereur romain (Froehner.X.440). Elle mesure 10,2 cm de longueur, 7,1 cm de diamètre et 2,3 cm de hauteur.

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La danse du temple égyptien

Archive : Image du mois d’avril  2025

Stanislaw Julian Ignacy Waléry, Komarova, Skibine et Gretchinine dans la danse du Temple égyptien, La revue des Folies Bergère.- Editions Artistiques de Paris, 1927. Un vent de folie. Cinquième album, BnF, Arts du spectacle, WNA-214 (BOITE 2/3)

La revue des Folies Bergère de 1927 a fait sensation. Elle est restée dans les mémoires avec le numéro de Joséphine Baker vêtue d’une ceinture de bananes. 

Intitulée Un vent de folie, la représentation voit défiler 50 tableaux en deux actes. Le spectacle débute à 20h30. Parmi les têtes d’affiche destinées à attirer le public, au premier acte, on trouve “le pompier qui prend feu”, “la galère de Cléopâtre” ou encore “le combat naval”, tandis que “le temple égyptien” prend place au second acte de 23h10 à 23h15 avant “la mosquée” et “la Pagode”, la revue se conclut par le tableau “Paris en folie” à 23h30.

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L’égyptologie avant Champollion, le drogman Adanson

À l’occasion du bicentenaire du déchiffrement des hiéroglyphes en 2022, la Bibliothèque nationale de France proposait de découvrir les travaux de Champollion et présentait celui-ci comme le père de l’égyptologie moderne. Cependant, ce ne sont pas les premiers travaux égyptologiques. Quelques voyageurs du XVIIIe siècle ayant précédé la Campagne de Bonaparte furent oubliés dès la publication de la Description de l’Égypte à partir de 1810 (antidatée de 1809). Parmi eux, Jean-Baptiste Adanson, dont le département des Manuscrits de la Bibliothèque nationale de France conserve plusieurs carnets.

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L’empereur Macrin : de la BnF à Hollywood

Archive : Image du mois de janvier 2025

Le 13 novembre dernier, Gladiator II est apparu au cinéma. Le péplum de Ridley Scott fait, depuis, l’objet de divers articles soulignant ses manquements historiques et ses libertés prises avec la réalité. Ce billet a pour objectif d’y contribuer en s’intéressant au traitement de la matière première, c’est-à-dire, les sources contemporaines de l’époque étudiée. La monnaie, en particulier, constitue un outil précieux : objet du quotidien, elle joue un rôle matériel dans les échanges économiques, mais également politique en diffusant le portrait impérial et un message idéologique au revers.

Macrin, Aureus, 217-218, 7,15g. RIC, IV, Macrin, 52c. BnF MMA, Fonds général n°1204.

Acquis en 1905 par le cabinet des Médailles de la BnF au marchand munichois J. Hirsch par l’intermédiaire de L. Schneider, cet aureus de l’empereur Macrin provient du trésor de Karnak, découvert dans la ville éponyme entre 1901 et 1902. Ce trésor contenait entre 1200 et 1800 monnaies d’or, ainsi que plus de 7 kg d’argent, et fut enfoui en 218 ap. J.-C.

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Arsinoé II Philadelphe à Rome

Archive : Image du mois de décembre 2024

Statue de la reine Arsinoë II (après restauration), 1714, gouache et aquarelle. BnF, département des Estampes et de la photographie, RESERVE FB-19-PET FOL

En 1710, cinq statues en granit, dont celle-ci représentant une reine, sont découvertes à Rome, dans ce qui était alors dans la Rome impériale, un pavillon édifié dans les Jardins de Salluste. Les sculptures sont acquises par le pape Clément XI qui les fait exposer au « Campidoglio » (soit au musée du Capitole) avant qu’elles ne rejoignent au XIXe siècle le Museo gregoriano egizio.

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Une intaille de Caracalla dans une reliure médiévale de la Sainte-Chapelle

Archive : Image du mois de novembre 2024

Portrait de Caracalla, BnF, MMA inv.58.2101

Ce portrait d’empereur romain représente Caracalla en homme, la tête nue en cheveux bouclés, visage de profil et buste de trois-quarts, selon la veine classique idéalisée qui coexiste sous les Sévères avec un style plus vigoureux. La taille minutieuse de l’améthyste montre une grande maîtrise technique.

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La mensa isiaca

Archive : Image du mois de septembre 2024

Représentation de la Mensa isiaca, Lorenzo Pignoria, Vetustissimae tabulae aeneae sacris Aegyptiorum simulachris coelatae accurata explicatio, Venetiis, J. A. Rampazettum, 1605, BnF, RLR RES-J-1302 (1) sur images.bnf.fr

La Mensa isiaca, ou table bembine, plaque de cuivre d’époque romaine, sur laquelle sont représentés la figure et les mystères d’Isis, ainsi que des divinités égyptiennes et une imitation de hiéroglyphes, fut redécouverte lors du sac de Rome en 1527.

Prise en 1797 à l’issue de la campagne d’Italie, elle fut transportée à Paris. Elle est déposée en germinal an 7 (1799) à la Bibliothèque alors impériale avant d’être rendue à la chute de Napoléon Ier.1

 

Restitution de la mensa isiaca , extrait de la minute de la “note des objets restitués par MM les conservateurs du Cabinet des Antiques et des Médailles de la Bibliothèque du Roi” (Restitutions à l’empereur d’Autriche, 5 octobre 1815), MMA 2011/091/ACM07-40  sur Gallica

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  1. Alexandre Lenoir, Nouvelle explication des hiéroglyphes, ou des anciennes allégories sacrées des égyptiens, Paris, 1809, tome II, p. X. []